VILLE DE QUEBEC 49% des 16-34 ans ne veulent pas vivre au centre ville

12 octobre 2017
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En dépit des efforts de la Ville de Québec pour accroître l'offre de condos, de maisons de ville et d'autres déclinaisons de densité urbaine, les citoyens de la capitale préfèrent encore majoritairement une maison unifamiliale isolée dans un quartier résidentiel loin du travail, révèle un important sondage. Où les citoyens de la région rêvent-ils d'habiter? La Ville de Québec a commandé un sondage Léger Marketing fin 2010 sur les aspirations de ses contribuables. Il s'agit de la plus récente étude du genre à la Ville de Québec. Le sondage - présenté vendredi à des chercheurs de l'Université Laval et obtenu par Le Soleil - a un échantillon impressionnant avec 2506 personnes. Ses conclusions laissent croire que «malgré une sensibilité de plus en plus importante sur le plan environnemental, l'idéal résidentiel évolue très lentement et le cycle résidentiel semble vouloir se reproduire». Le cycle, c'est celui des générations précédentes : l'attrait d'une maison unifamiliale, d'un terrain et d'un quartier purement résidentiel. À l'heure actuelle, la maison individuelle (41 %) domine largement comme résidence actuelle des sondés, contre 14 % pour un condo et 7 % pour une maison jumelée ou en rangée. En général, les citoyens de la région de Québec se disent fort heureux d'habiter là où ils sont. Ils sont ainsi 69 % à octroyer une note de 8 à 10 (sur une échelle de 10) à leur logement actuel. Selon l'enquête d'opinion, cela se traduit par un faible désir de changement. «On constate que les gens seraient majoritairement enclins à ne pas changer de situation résidentielle», peut-on lire dans l'analyse du Service du développement économique de la Ville de Québec. Néanmoins, 39 % des citoyens projettent un déménagement. Le taux explose à 76 % chez les jeunes de 16 à 24 ans. Où iront tous ces résidents en mouvement? Dans une maison (46 %), beaucoup plus qu'un condo (14 %). «La maison unifamiliale demeure le type d'habitation le plus populaire», évoque le sondage, notamment en raison «d'un besoin d'espace» des ménages. Les maisons de rêve se cachent entre autres dans la première couronne de Québec (Beauport, Charlesbourg, Lebourgneuf, etc.), et Sainte-Foy. À noter que deux fois plus de citoyens songent à déménager en haute ville qu'en basse ville. Les plus jeunes Les plus jeunes auraient aussi un plus grand appétit pour la banlieue isolée que leurs grands-parents, plus enclins à revenir au centre. «Les quartiers mixtes suscitent davantage l'intérêt des seniors tandis que les quartiers périphériques intéressent un plus grand nombre de personnes âgées de 16 à 44 ans.» Et le transport en commun, les embouteillages, le déplacement laborieux vers le boulot? Il ne s'agit toujours pas d'un facteur incontournable. Le sondage a proposé un compromis : Êtes-vous prêt à habiter un logement plus compact, avec un plus petit terrain, en échange d'un temps de déplacement plus court vers le travail ou le lieu d'étude? Une majorité de sondés optent pour l'espace avant l'économie de temps; 42 % accepteraient le compromis, alors que 56 % le rejettent. La Ville de Québec a favorisé ces dernières années la mixité résidentielle et commerciale en plus d'avoir un parti pris envers la densification urbaine. Des projets d'écoquartiers ont aussi été lancés à Pointe-aux-Lièvres et D'Estimauville. Or, certains citoyens ont encore besoin d'être convaincus par cette philosophie d'habiter la ville autrement. «L'idéal résidentiel change peu», conclut ainsi le coup de sonde. Les citoyens de la région de Québec ne rêvent pas tous de la maison unifamiliale en banlieue. Ils n'ont parfois tout simplement pas les moyens de s'offrir autre chose. L'argent est au coeur des préoccupations des 2506 citoyens sondés par la Ville de Québec. «Le prix des propriétés demeure un élément très sensible dans le choix de la propriété», mentionne l'analyse du sondage. Et force est de constater que les ressources financières sont limitées. Les sondés se disent prêts à débourser en moyenne 228 900 $ pour leur prochain logement; un montant souvent trop peu suffisant pour des maisons unifamiliales plus près du centre. Par mois, les sondés sont enclins à allonger tout au plus 1000 $ pour l'hypothèque de leur maison, soit le même montant envisagé pour un condo. L'aspect financier domine presque tous les critères quant au choix d'une propriété, à égalité avec la sécurité du quartier, et devance la proximité des commerces et des services ou encore le respect de l'environnement. *** Citoyens partis pour de bon La Ville de Québec ne fait pas que sonder ses citoyens; elle sonde aussi ses anciens résidents. Un autre sondage interne, toujours pas dévoilé publiquement, a été effectué auprès des citoyens ayant quitté la capitale pour s'établir en périphérie. Le constat? Une majorité de citoyens exilés ne regrettent pas leur choix, et n'auraient pas l'intention de revenir vers la capitale. En chiffres > 229 000 $: Montant que les sondés sont prêts à débourser pour une propriété > 1000 $: Hypothèque mensuelle maximale envisageable pour une maison individuelle > 70 % des 35 à 44 ans ne sont pas intéressés par les maisons de ville > 49 % des 16 à 34 ans préfèrent un quartier résidentiel périphérique sans services à un quartier central mixte > 28 % des citoyens rêvent de déménager dans la première couronne de Québec > 11 % des citoyens songent plutôt à la basse ville source : le soleil 14 avril 2014